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PARMI VOUS

Les carnets de quartier

JOUR 6 // PARMI VOUS // CENTRE // Achicourt

Carnet de quartier : Samedi 14 mai

 

“Maintenant, je connais un peu mieux une toute petite partie du Monde”

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“Des roses et des épines”. Le titre est venu tout de suite quand on est passé devant chez Germaine dans la rue Eugène d’Hallendre. Des roses dans les jardins, des roses pour s’occuper. Des roses qu’on offre, des qu’on dépose, des qu’on cultive. Des roses dont il faut s’approcher avant d’en connaître l’odeur, en se méfiant des épines. Des roses pour nous protéger. Pour réparer les vivants, pour bénir les morts. Des roses qui forcent à pousser la porte, à sortir de chez soi.

 

Merci aux habitant.e.s du quartier centre et en particulier : André, Geneviève, Marion, Margaux, Michelle, Nicole, Richard, Sylvie, Anne, Claudine, Francine, Delphine, Jean-Marc, Jocelyne, Jeanine, Anne-Sophie, Axel, Corentin, Nathan, Matis, Nathalie, Sylvie, Régis, Wailly, Lucie, Angélique, Cédric, Pauline, Personne, Aurore, Adrien, Nathalie, Anthonin, Mayenne, Carlos, Danielle, Suzanne, Christelle, Guillaume, Marie-Jeanne, Marie-Paule, Madame François, Nathan, Tony, Cendrine, Sylviane, Alexandre, Jean-Luc, Isabelle, Bénédicte, Germaine

Merci à la ville d’Achicourt,

et en particulier : Sylviane Dal Pos, Alexis Vin, Isabelle Quenehen, Monsieur le Maire Jean-Paul Leblanc, merci pour votre confiance, votre soutien, merci d’être si présent.e.s auprès de nous,

Merci aux services techniques de la ville de nous avoir suivi dans notre marathon du samedi,

Merci à Kelly et Didier de la police municipale,

Merci à l’ensemble des conseils de quartier, pour vos encouragements, visites, repérages, distribution dans les boîtes aux lettres, 

Merci à l’Ehpad “les Jardins du Crinchon” et au groupe Ahnac, de nous avoir si bien accueillis, merci aux résident.e.s de nous avoir confié leurs paroles, merci à Stéphanie Biondolillo pour son enthousiasme et sa gentillesse, merci à Isabelle Thibaut d’avoir rendu ça possible.

Merci aux différents bailleurs sociaux qui accompagnent le projet : Pas de Calais Habitat, SIA Habitat et la Sigh,

Merci aux différents partenaires institutionnels : la Drac, le ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales,

Merci à l’association Porte-Mine sans qui ce projet n’aurait jamais vu le jour, merci à Suzanne Letombe et Marie Forquet

Merci à L’Escapade d’Hénin-Beaumont, à Jean-Yves Coffre et à son équipe, une pensée pour Djelloul aussi et Anaïs,

Merci à la Ville d’Arras et à l’Office Culturel.
 

Parmi vous 

Quartier Centre - Achicourt

Instantané de semaine du lundi 9 au samedi 14 mai

 

Avec : Aurélie Ramat, Perrine Grzelka, Anna Sevin, Olivier Grave, Anthony Coudeville, Roch Terrier

Carnet de quartier, texte et mise en scène : Clément Bailleul

Texte et interviews, assistante à la mise en scène : Déborah Arvers

Montage photographies carnet de quartier : Aurélie Ramat et Cécile Hanniet 

Coordination et production : Cécile Hanniet

JOUR 5 // PARMI VOUS // CENTRE // Achicourt

Carnet de quartier : Vendredi 13 mai

 

“69 bis rue Marcel Delis”

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Vous allez faire des travaux ? Vous partez en vacances avec des valises vides ? Vous faîtes quoi avec tout ce barda ? C’est bien que vous soyez là, il va y avoir un peu de punch ! On vous a installé des fanions et on a imprimé des lettres géantes avec le titre du spectacle et votre nom, on les met là ? Il y a du café, des madeleines, ça vous va, 12h15 pour manger ? C’est un bien beau bolide que vous avez ? Ouais, c’est une mercedes mon déambulateur. On nous regarde par les fenêtres, on nous demande ce qu’on fait. Vous pouvez laisser votre musique jusqu'au bout, ça fait du bien ? Vous pouvez fermer la porte, il y a un courant d’air ? Et puis, il y a le Monsieur, qui n’arrête pas de faire des allers-retours pendant la répétition, il vient écouter, il y a du Brel en fond sonore, il nous regarde attentivement comme si ça lui rappelait quelque chose. On prend nos marques, on est les bienvenu.e.s, on se sent accueilli.e.s. On réimprime, on rebricole, on coupe, on reformule, on cherche la pulsation. On aimerait tout garder, tout dire, on en fera quelque chose de toute façon, du précieux on en fait toujours quelque chose. Dès demain, ouvrons les valises, faisons entendre, jouons en plein milieu de la Cité Sémard, dansons dans les “Jardins du Crinchon”, faisons vibrer la  Place Jean-Jaurès. Demain on sera ensemble, un moment, Episode 1: Des roses et des épines. A demain !

JOUR 4 // PARMI VOUS // CENTRE // Achicourt

Carnet de quartier : Jeudi 12 mai

 

“18 pages”

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Écrire dans le silence, au milieu des fantômes, avec l’écho de vos voix. Les mains tachées d’encre, défricher nos carnets neufs. C’est un patchwork qui se déploie, un rubik's cube complexe, des dizaines de poupées russes face à nous. Cité Sémard, Résidence Tillion, la Bassure, le centre-ville ; centaine de visages, milliers de mots, chercher de l’or dans la rivière sans kit d’orpaillage. À chaque semaine, un épisode différent, une tentative de raconter les sensations, l’atmosphère, un instantané de quelques jours. Je t’ai dit qu’avec mon mari, on s’est rencontré sur les bancs de la musique, maintenant on fait des bidouilles musicales ? Je t’ai dit que depuis 20 ans Germaine met un rosier à sa fenêtre pour que les épines dissuadent les visiteurs ? Je t’ai dit que mon expression fétiche c’était “Oh putain” avec l’accent marseillais car mon fils est là-bas maintenant ? Je t’ai dit que Normandine elle a plus de 20 ans, qu’avant elle faisait des randonnées dans la Creuse, et que c’est la Daronne du troupeau ? Je t’ai dit qu’on avait coulé la dalle de béton avant de demander le permis de construire ? Je t’ai dit que Bernadette de l’Ehpad,  elle ne jurait que par le maire ? Je t’ai dit que les gens adoraient le chocolat et que ça devrait être remboursé par la sécurité sociale ? Je t’ai dit que le premier épisode allait s’appeler “Des roses et des épines” ? Qu’il faisait 18 pages ? Qu’il

y avait six comédien.ne.s dans le spectacle : Aurélie, Perrine, Anna, Roch, Anthony, Olivier ? Je t’ai dit qu’on répétait demain à l'Ehpad et qu’on jouait trois fois samedi ? Je t’ai dit que t’étais la/le bienvenu.e et que c’était gratuit ?

JOUR 3 // PARMI VOUS // CENTRE // Achicourt

Carnet de quartier : Mercredi 11 mai

 

“Mille royaumes en toi”

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Des mamies fêtardes en boîte de nuit à Tournai et au Macumba et leurs filles inquiètes jusqu’à 9h du matin. Une oie en pleine évasion, un avis de recherche. Un canard colbert emporté par le courant tentant de battre son record de vitesse vers l’infini. Un appel anonyme, un véhicule de police - “qu’est ce que vous faites là messieurs dames ?  Vous faites peur aux habitant.e.s ? Ce sont vos valises qui font peur, on sait pas ce qu’il y a dedans!” Des interviews en petites tenues matinales. Des soupes à l’oignon pas tout à fait mixées, du sel qui ne dégèle pas, des coups de pelles en plein visage, une commande improbable de 54 os à moelle, un coq saoul aimant la liqueur de mûre, un Père-Noël de toit qui ne veut plus partir pendant cinq ans, une grand-mère-maîtresse Yoda avec la casquette et la figurine, le chien une demi-heure le matin, une demi-heure l’après-midi, les sens uniques incohérents, l’âge des artères, les baudets. Une sortie à l’assemblée nationale qui finit en visite du père Lachaise et un hommage poignant devant la statue de Dalida. Carlos, le 44 tonnes, les gens à contresens, les gens qui marchent dans le noir sur l’autoroute. Madame Maginot (“comme la ligne” dit-elle), le tabac à Thionville puis la rue en travaux, la faillite. Mayenne, le yoga dans le jardin, le contrôle de papier à Charles de Gaulle, le crush d’aéroport.

Suzanne, la perte de luminosité, les maisons qui se construisent en face, le rez-de-chaussée, les choses qu’on garde pour soi - ”pas l’enfance, l’enfance c’est pas terrible”. Alexandre, les jeunes agriculteurs, le bio, la production, la cantine du coin, la transmission et l’avenir. Adrien de la résidence Tillion qui nous dit : “lorsqu’on est jeune, il faut profiter de la vie, on a le temps et l’énergie mais pas d’argent. Une fois adulte, on a l’énergie et l’argent mais jamais le temps. Une fois vieux, on a l’argent, le temps mais plus d’énergie”. On écrit les premières lignes du spectacle, on finit la collecte, on trie les mille royaumes en vous et on revient ! A demain ! 

JOUR 2 // PARMI VOUS // CENTRE // Achicourt

Carnet de quartier : Mardi 10 mai

 

“L'Heure où nous ne savions rien l'un de l'autre” (Handke)

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Des ballons de baudruche navigateurs et des chutes dans le Crinchon, une recette de marmite espagnole, du Seckou Keita, de la Kora, le ciel qui se dévoile petit à petit. Un promeneur philosophe nommé “Personne” : ”ici l’hiver mes os cailleront dans la tombe alors qu’au Cameroun ils auront chaud”. On froisse nos gabardines dans le centre. On croise Aurore, Elisabeth et Françoise de la pharmacie, on parle coupure de courant, chaîne du froid - “stressées du frigo”, des ordonnances falsifiées avec les fautes d’orthographe :  “boates de compresses”, des oreilles tranchées, des amoureux tactiles à la caisse. Au Vival, Cédric nous dit que “le Nord ça sert à recharger ses batteries” avant de retourner vivre à Carcassonne. Pauline de la micro crèche “Top là !” se souvient des tartines de pâté au goûter, qu’il faut parfois revenir aux origines, que son fils Noa de 3 ans adore “les Petits papiers” de Régine. On parle reconversion et shooting photo avec Anne-Sophie de la chocolaterie. Avec Laura et Méloée, on découvre les rendez-vous à Intermarché, la K-pop, les jeunes du collège qui “croivent” être populaires, de l’amour papillonnant, de la ducasse sur le parking, du polygone-citadelle. Nathalie, dans sa boucherie à l’ancienne avec le carrelage rouge et blanc : ” ce que je kiffe le mieux c’est la vente, un client qui veut un morceau et je l’ai pas, je vais lui vendre

autre chose” - “vous m’avez fait raconté ma vie, vous m’avez piégé, j’aime pas ça” (en rigolant). À l'Ehpad, on tente avec Christelle de définir correctement son métier : “coiffeuse thérapeutique ou artiste de chevelure ?” Christiane enchaîne sur la grosse bêtise : le jour de la chaux et du purin, les coups de ceinture, les coups de règle à l’école. Chez “Chris coiffure” on s’appelle Daniel et chez “Nicole boulangerie” on s’appelle Angélique. Avec Kelly et Didier, on s’interroge sur la police, les clichés, les soi-disant primes de noël, les carnets à souches, la régie d'État. Rue de Verdun, dans l’ancien dépôt de munitions, on croise Mathis, il se souvient des herbes de la pampa de sa mère qui servaient d’épées dans le jardin, il est passé par un bac STI2D, un CEJ, un MGE, un DEAS pour devenir AVS. Sylvie et Régis, 39 ans de mariage :”on s’est rencontré à dix ans sur les bancs de la musique” - “on fait des bidouilles musicales”. Wailly, le cigare à la bouche : “2h par jour de jardin,7/7, après le boulot !”. À la permanence, Nathan nous parle du sandwich partagé tous les midis, de la trottinette sans freestyle, de la cabane en construction chez Corentin, d’avoir 16 ans aujourd’hui. Hier, on ne savait rien de vous, vous ne saviez rien de nous. On poursuit les heures de l’un à l’autre. A demain !

JOUR 1 // PARMI VOUS // CENTRE // Achicourt

Carnet de quartier : Lundi 9 mai

 

“Réparer les vivants, bénir les morts, s’occuper du jardin”

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Du burger texan en suggestion de la semaine au Deauville, des sarcophages et des mystères à résoudre pour  la Voix du Nord, de la danse de société rue Michel Sélame, des cours de QI Gong, du massage bien-être Tui Na, un appareil automatique à baguettes, les persiennes à demi-ouvertes de la boucherie, le soleil en vitrine, la chaleur partout, les cyclistes, les joggers, du monde dehors, l’étal aux pommes devant chez Vival, les réprimandes et les élèves en rang à l’école Senghor, le gang des nounous, Vanessa qui veut jouer dans le spectacle, le taureau qui fait bronzette à la Bassure, le pique-nique, les ouvriers, les jardiniers et leurs cabanes, la voiture Hansel et Gretel de Lili bonbons ; Cité Sémard, les plains-pieds, les rails, d’un côté l’Arras-Paris et l’autre vers Saint-Pol, Jean-Marc et son album photos où il pose avec ses légumes - l’année bénie aux 80 melons - “même la main cassée, je jardine”, les dix chats de Michèle et l’envie d’un chenil aux panneaux solaires, la vieille 205 d’Anne - “tout ce qui a un moteur faut que je monte dessus”, Francine et ses souvenirs de bar-cinéma familial et lancer de javelots, les housses de chaises qui influencent toute la décoration de la maison, Germaine - le coup à boire sur le trottoir - “je n’avais pas le coeur d’aller à la zumba après l’enterrement”, Richard et “les vieux” de Brel - “Est-ce d’avoir trop ri que leurs voix se lézardent lorsqu’ils parlent d’hier?”, Sylvie - les puzzles encadrés, les dvds, les vhs, Dirty Dancing et surtout Patrick Swayze, Chantal “un vrai oiseau migrateur celle-là”, Jeanine - les parties de scrabble sans son mari parce qu’il était nul en français, Madame François - fan de Claude François et Frédéric François, Nicole “qu’est ce qu’on pourrait demander de plus à notre âge?”, Guillaume “un spectacle de théâtre c’est mieux que le téléphone pour ma fille”, Tony “le bonheur on le trouve pas, on se le crée”, le silence, la petite-chapelle/garage rue des Fosses, les chemins labyrinthiques et la forêt cachée, l’annonce pour le chat disparu près du cimetière depuis le 14 décembre 2020 ; l’Ehpad, Marie-Louise, les premières voitures qui débarquent en ville, la guerre, la

femme cachée dans la cave, les bombardements - Julien, les ailes du moulin, le four à pain, la laine de verre dans le grenier - Roberte et son chien Vanille - Carmen  “avant on venait au monde chez soi pas à l’hôpital”, Pompon le lapin mascotte “ici on a un lapin qui n’a plus de dents et un chat qui n’a plus de queue” ; le QG, la maison des sociétés, Jean-Luc, les cowboys, les souvenirs d’enfance, assiéger les ballots de paille - ”mon bonheur dans le départ c’est de revenir”, Cendrine, les éco-randos, la famille d’accueil, l’environnement, Sylviane et le passé maraîcher, Marie-Jeanne qui nous dit de “saisir les petits bonheurs”, Richard “Je préfère te voir heureux à mille kilomètres que malheureux à ma porte”. On est heureux.ses à vos portes, on continue. A demain !