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PARMI VOUS

Les carnets de quartier

Achicourt - Quartier Petit Bapaume - du 4 au 9 juillet 2022

JOUR 6 // PARMI VOUS // Petit-Bapaume // Achicourt

Carnet de quartier : Samedi 9 juillet

 

“La dernière page du carnet”

Épisode 4 : C’était ici. C’est ici qu’à lieu notre fin de saison. Ici, qu’on fait entendre une dernière fois nos pages de carnets au square Crépin et sur la Place des Marronniers. Merci d’être venu.e.s si nombreux.ses. Merci pour ce petit bal perdu qui finalement s’est retrouvé pendant 3 minutes. Aux prises de paroles d’après spectacle, à Gêne et ses hourras, à Bernardette du haut de l’escabeau, merci de nous applaudir si chaleureusement, de vous lever. Qui applaudit qui finalement ?  C’est peut-être ça le plus beau, on devrait s'applaudir une fois par jour chacune et chacun d’entre nous. Merci à l’ensemble des quatre quartiers et l’ensemble des habitant.e.s, merci de votre générosité !

Tout au long de l’aventure vous avez pu croiser durant la semaine ou en représentations : Aurélie, Perrine, Anna, Margaux, Olivier,  Anthony D, Anthony C, Anthony R, Roch. En interview, rencontres à l’improviste, discussions, retranscriptions, écriture, navigatrice de clavier (parachute) : Déborah Arvers. À l’administration, la production, la logistique et plein d’autres choses hyper utiles pour un collectif : Cécile Hanniet. Un immense merci à Alexis Vin, de nous avoir invités, merci pour tout cet accompagnement efficace et humain ! Et voilà le temps des derniers mots, de la dernière page du carnet, Achicourt restera dans nos cœurs, dans nos têtes, dans tous nos battements. A l’heure de ce 24ème carnet, on vous souhaite un bel été à toutes et à tous !

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Merci aux habitant.e.s du quartier Petit Bapaume et en particulier : 

Florence, Denis, Jean-Claude, Michèle, Simone, Jean-Louis, Brigitte, Hervé, Léone, Guy, Bernard, Angélique, Anne-Sophie, Noham, Zyed, Rayaine, Benjamin, Alicia, Mathilda, Christian, Nathalie, Matthieu, Robin, Romaric, Inès, Chantal, Philippe, Gilbert, Corinne, Elodie, Jacques, Annie, Marc, Gérardine, Nelly, Rémy, Wille, Artémis, Arsène, Christine, Florian, Laurent, Maïté, Mandoline, Ambroise, Rayann, Sylvie, Thomas, Martine, Caline, Jonathan, Louna, Chocapic, Minimoys, Spaghetti, Castor et Pointeur, Maël, Dorian, Clémence, Virginie, Gêne Rogeaux…
 

Merci à la ville d’Achicourt,

pour la liberté, la simplicité des échanges, la confiance, l’humanité, la gentillesse, la vision à long terme,

et en particulier : à Sylviane Dal Pos, Alexis Vin, Isabelle Quenehen, Monsieur le Maire Jean-Paul Leblanc,

Merci à “Bernardette” et  Gérard, pour cette invitation si bienvenue mercredi soir, merci pour la camomille, le repas, la dédicace imper/escabeau, le discours si touchant à la fin de la dernière, merci de nous soutenir et d’être si présent.e.s auprès de nous, on garde évidemment contact, 

Merci aux services techniques de la ville, pour nos vendredis qui dépassent l’heure prévue, pour nos délires artistiques de barrières heras et de cônes de chantier, merci de votre bonne humeur jusqu’au bout de l’aventure, 

Merci à Didier de la police municipale de nous suivre dans nos aventures et au fait ça avance la nouvelle voiture ?

Merci à l’ensemble des conseils de quartier, pour vos encouragements, visites, repérages, distribution dans les boîtes aux lettres, votre présence à chaque épisode, en particulier à Michèle Boidin pour la mallette MGEN à photographies et la visite passionnante, à Florence et Bernard qui sont passés régulièrement nous voir cette semaine, 

Merci aux différents bailleurs sociaux qui accompagnent le projet : Pas de Calais Habitat, S.I.A Habitat et la Sigh,

Merci aux différents partenaires institutionnels : la Drac, le ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales,

Merci à l’association Porte-Mine sans qui ce projet n’aurait jamais vu le jour, merci à Suzanne Letombe (notre soutien solide) et Marie Forquet, Charlotte, Elisa, Charles et toute l’équipe, tout ça c’est grâce à vous !

Merci à L’Escapade d’Hénin-Beaumont, à Jean-Yves Coffre et à son équipe, une pensée pour Djelloul et Anaïs, on repense souvent à vous et ce terrain de pétanque,

Merci à la Ville d’Arras et à l’Office Culturel, merci à Thomas Ragons d’être venu assister à la dernière représentation,

Parmi vous 

Quartier Petit Bapaume - Achicourt

Instantané de semaine du lundi 4 au samedi 9 juillet

 

Avec : Aurélie Ramat, Perrine Grzelka, Anna Sevin, Olivier Grave, Anthony Coudeville, Anthony Drion, Roch Terrier,  Anthony Rzeznicki

Carnet de quartier, texte et mise en scène : Clément Bailleul

Texte et interviews, assistante à la mise en scène : Déborah Arvers

Montage photographies carnet de quartier : Aurélie Ramat et Cécile Hanniet 

Coordination et production : Cécile Hanniet

JOUR 5 // PARMI VOUS // Petit-Bapaume // Achicourt

Carnet de quartier : Vendredi 8 juillet

 

“23 jours”

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Pour les enfants déclarés, la journée aux trois boulots, la “cheminote” de Philippe et Chantal. Pour le maillot de bain en laine, l’effondrement du garage, le jeu de cartes amoureux de Nelly. Pour la Mercedes de Robin, l’usine Roll-Gom de Matthieu, pour le bateau au port du Hourdel de Denis. Pour les mains vertes de Gilbert et sa déesse Artémis. Pour Jacques et Annie, le centre aéré, l’heure du goûter, l’enveloppe précieuse. Pour Noham, Zyed et Rayaine, pour tous les pays du monde. Pour le bulldozer de Monsieur Dumény, pour les 9 incendies de Michèle. Pour le Congo et la jeunesse comme avenir du monde d’Arsène. Pour Hervé et Luc, pour un repas “chez Mamie”. Pour Corinne, sa maman, les jumeaux Inès et Romaric, Laurent Voulzy et les paradigmes à défaire. Pour Christian, Nathalie et Louna, pour la Rolls Royce des campings-cars et l’ambassadrice de Nouvelle Zélande. Pour Sylvie, les anciens du Stade Camphin, la bibliothèque, le jardin de Monsieur Wache. Pour Guy et Bernard, de 500 000 à 120 000 cheminots. Pour Angélique et les chiffres du  loto  :  16,  21,  13,  33,  41 et le 10 étoile. Pour Wille et la

7ème compagnie. Pour Florence et le papa en mobylette les jours de neige. Pour Marc et Gérardine, les galeries souterraines. Pour Brigitte, ses 17 ans, “comment interprétez-vous les mouvements écologistes ?”. Pour Jean-Claude et les deux Berlin. Pour Simone et Jean-Louis, pour Léone… Pour 23 jours écoulés, un dernier épisode à 15h au square Crépin et à 18h30 Place des marronniers, pour la sueur, pour les souvenirs, pour être ensemble, pour le Petit Bapaume.

JOUR 4 // PARMI VOUS // Petit-Bapaume // Achicourt

Carnet de quartier : Jeudi 7 juillet

 

“Camomille express”

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Prenez une Dame-jeanne, mettez y du vin blanc, un peu de sucre, faites sécher la camomille, passez la au moulin à café. Laissez reposer 15 jours. Transvidez en bouteille, mettez au frais. Visitez les “serres du Renan“ et puis dégustez. A l’horizon, d’un côté la vue sur le Stade Camphin et de l’autre sur les ailes du moulin. Servir la “camomille de Gérard”. Écrire le dernier épisode, le dernier quartier, le Petit Bapaume, 28 pages, une centaine de cafés, un fantôme de QG, des invitations à l’apéro multiple, des milliers de mots à agencer. Rêver d’un bal retrouvé, d’un grand banquet de fin de saison, rêver de remonter le temps, voir de nos propres yeux. Rêver d’étendre des fanions des translocaux jusqu’au Stade Aernoult, de rebrancher les guirlandes de lampions, de kidnapper la fin de la fête sur son 31. Rêver d’un “petit-train musée”, de la Micheline du radio réveil de Jacques, d’un territoire aux souvenirs. Rêver d’un aller-retour inter-quartiers, un trajet dans la ville avec des arrêts en gare chez l’un et chez l’autre. Une traversée, une expédition aux mille wagons, un “Camomille express”. De toutes ces pages, ces roses, ces épines, ces bras levés, ces murmures, et bientôt ce quatrième épisode en faire des destinations. A demain !

JOUR 3 // PARMI VOUS // Petit-Bapaume // Achicourt

Carnet de quartier : Mercredi 6 juillet

 

“Première de couverture”

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Un livre qui offre l’amour à celles et ceux qui ne le trouvent pas. Un livre qui offre des pays. Des pages comme début de paradis, comme territoires de silence, comme temps pour soi. Un livre où seules les odeurs manquent. Un livre sur Monsieur Vermeil et la chorale dans les tribunes du stade, sur le plus beau jardin de l’avenue Duquesnoy de Monsieur Wache, sur l’ancienne bibliothèque, sur la “Mademoiselle” et ses tableaux d’emprunts. Un livre de collection de cartes postales conservées précieusement durant 25 ans. Un livre de retrouvailles d’enfants de cheminots en 2003, de mélange entre les employés de bureau et les ouvriers. Un livre avec les articles de presse de Jacques datant de 1976. Un livre sur Brigitte et Philippe, sur la rencontre au Stade Bollaert, sur le sirop de coquelicots, les jardins et la jungle. Un livre politique, plein d’espoir. Un livre d’accueil, de tolérance. Un livre qui fait réfléchir, un livre à voix haute en plein milieu des marronniers, au milieu des squares. Un livre au mégaphone. Un livre qui ressuscite. Un livre pour Florian, la maison hantée à la place de l’arrêt de bus, la  Crête  et  les  îles,  la  mobylette  volée,  la reconversion après 

Häagen-Dazs. Sur Maïté, Ambroise et Mandoline, le Finistère, l’IME, le troc de services couture et babysitting. Sur Thomas et Martine, le bâtiment blanc, les brêches et les failles, les cailloux à replacer. Un livre sur la procrastination, la fin d’année, le rhum coca, Cuba et ses cigarillos. Un livre sur Rayann, ses 20 ans, sur le fonctionnement d’un cric, un road trip en Normandie et en Bretagne. Sur Jean-Claude et la buvette, la tireuse à bière disparue, les 12 jours à Berlin et le concert de Barbara. Sur Christian, la poire en deux entre Croisilles et Paris, “Toutou chicourt”, le patibulaire et le barbecue. Un livre sur Arsène, l’odeur de gingembre à tous les étages, le Congo, les auteurs de l’existence. Un livre “carpe diem” pour Christine au jour le jour. Un livre pour bouger son corps, pour la zumba sur la Place. Des premières de couverture qui se dessinent, des premières pages de spectacle, des archives qui se complètent.

JOUR 2 // PARMI VOUS // Petit-Bapaume // Achicourt

Carnet de quartier : Mardi 5 juillet

 

“Que ferez-vous de ma nostalgie ?”

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Une diseuse de bonne aventure, un peu cartomancienne, un peu droguiste et fleuriste. Des petites retraites, des bals montés, des planchers en chêne, des euros symboliques. Une dame aux chats et des amoureux de patinoire. Des cheminots de père en fils, un radio réveil sur les rails le jour de la retraite écrasé par une Micheline. Des clubs de boules, des fêtes en costumes traditionnels, des 200 ans de Révolution. Des rêves de ramener les vivants à la vie, des rembobinages de pellicule, des machines à remonter le temps. Nelly, le Pavarotti à fond, le maillot de bain en laine qui ne supporte pas vraiment la mer. Une lessive Tide pour une soirée mousse dans le salon. Un stand café square Crépin les jours de brocante. Jacques, le centre aéré de la SNCF, l’arbre généalogique de 4000 personnes, les ancêtres, remonter jusqu’en 1500. Aller à la maraude, piquer les fruits, grimper aux arbres, glaner les pommes de terre. Annie, 2 fois par semaine la piscine, 5 fois la pétanque, le club des aînés : le rami voleur, la belote, le tarot. Elodie, le calendrier éphéméride, les réunions de travail qui deviennent des réunions de famille, être mère au foyer, voir ses

 filles grandir. Géraldine et Marc, l’énorme horloge pendule, la collection de coccinelles, les pantins, l’époque des subprimes, les fenêtres ouvertes pour entendre le Mainsquare. Wille, le travail à 14 ans, patron à 23 - “gérer 120 bonhommes”, les 16 heures par jour, la 7ème compagnie, retaper les vieux meubles de la recyclerie. Gilbert, les manoeuvres, le charbon, les belles-filles carognes, sa femme Artémis, les légumes bio et “Tata Yoyo” pour la patronne. Corinne, le fascicule Laurent Voulzy, les start-up, le mentoring, l’intelligence émotionnelle “Vivre sa vie comme on l’entend, ne pas entrer dans les cases qui nous phagocytent”. Michèle, la peur de l'effacement, du passé qui s’effrite, revoir les mômes d’avant qui ont leur propre famille maintenant. Florence, la liquidation judiciaire, la réception, l’hôtel/restaurant, la politique qui rentre dans la vie, les envies de sophrologie. Bernard et Guy, les générations de cheminots, le souvenir des bains douches/baignoires, les 15 minutes maximum, les maisons d’avant 48 et celles d’après, le poumon vert, le Stade Camphin, le seul vestige du passé. 

Que ferez-vous de mes images en tête, des photos, de ma mémoire ? Que ferez-vous des voix avant qu’elles ne se taisent ? Que sauverez-vous de mes souvenirs d’enfance, des souvenirs tout court, de la mélancolie ? Que ferez-vous de ma nostalgie ?

JOUR 1 // PARMI VOUS // Petit-Bapaume // Achicourt

Carnet de quartier : Lundi 4 juillet

 

“La bande à Jésus et le gala de catch de 91”

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Tout commence par une mallette en tissu MGEN contenant de grandes enveloppes en kraft et des dizaines de photos en noir et blanc : “la malette de Michèle”. Tout commence à cheval à bord du carrousel “Attraction arrajeoise”, sur un portique de 10 mètres de haut sur le stade Camphin, sur l’ancienne tribune, dans les bains douches avenue Emile Duquesnoy, l’école  ménagère, l’école des filles, l’école des garçons. Tout commence avec les nageurs du S.C cheminots, le stade nautique, la coupe de la Voix du Nord, Monsieur Aernout et Monsieur Thery. Tout commence par le javelot club, l’union musicale, le dispensaire. La goutte de lait ou le pèse bébé, le certificat de vaccination contre la variole de Madame Fromentel, les anniversaires, les communions, le méchoui de Philippe et la cuisine en inox. Tout commence par la jeunesse communiste, les chevaliers de la légion d’honneur, les héros de la résistance, le nom des rues. La gare provisoire d’Albert qui devient la chapelle Saint-Christophe. Tout commence à la droguerie Dufossé, au coiffeur Jean, au Café Zucchi, au café Denise, au café Fian. Tout commence lors de la course cycliste des 4 As en 1950. 

Par le week-end du 11 mai 1991, la compagnie créole en concert à 21h30 salle Léo Lagrange, le gala de catch, l’arbitre Devlaminck et les catcheurs : Spiderman, Khiter, Firmin, Morelli, Straub ; les lâchers de pigeon et le défilé du Majestic-Band. Tout commence par la bande à Jésus qui débarque avec ses chaînes à vélo dans l’ancienne salle des fêtes, le Lidl d’aujourd’hui. Tout continue avec Angélique et ses tableurs excel pour gagner au loto, le brise vue avec les 20cm en dessous pour que les chiens puissent se parler. Tout continue avec Philippe et Chantal et Jonathan dit “Patate”, le rhum coca, Cuba, les noces de perle, la fibre cheminot et Amandine devenue “cheminote”. Tout continue avec Simone et Jean-Louis, la retraite, l’engagement associatif, “The sound of silence” de Simon & Garfunkel. Tout continue avec Denis, la caissière d’Auchan, “les mauvais souvenirs sur le sable, les bons gravés sur la pierre”, du lundi au jeudi à Achicourt et du vendredi au dimanche à Cayeux-sur-mer. Tout continue avec “un jardin peut en cacher un autre”, la bourrache, les pommes, poires, pruniers… le refuge à insectes, la croix de Saint-André et le petit-pont sur les rails. Avec Noham, Zyed et Rayaine, les bobos au mercurochrome et le football professionnel. L’usine Roll-Gom de Tilloy, les 24 nuits de Mathieu, la Mercedes rouge de Robin, le camion de Tony “Génération Old-school”, la mini Bentley de Mathilda, les chansons à la Johnny de Gêne Rogeaux, les allers/retours à 2 euros pour Boulogne. Hervé, le curé aux sports d’hiver pendant que l’église brûle, la maison qui explose, la Réunion trois fois, Idar Oberstein. Tout continue ! A demain !

Achicourt - Quartier 4 As Moulin - du 20 au 25 juin 2022

JOURS 5-6 // PARMI VOUS // 4 As Moulin // Achicourt

Carnet de quartier : Vendredi 24 et samedi 25 juin

 

“Episode 3 : Nos murmures”

“De nos murmures en faire des puzzles, des caméléons labyrinthiques. De l’écume de chagrin en faire des repos pour toujours. Nous sommes des rubik’s cube irrésolus, nos propres routes 66. Nous sommes le hasard, la poussière, l’amour à donner. Nous sommes le léger écho des rencontres. La somme des âges, un peu de toutes et tous.”

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Merci aux habitant.e.s du quartier 4 As Moulin et en particulier : 

Wilo, Alison, Jean-Philippe, Xavier, Ludivine, Louise, Bouchra, Arkane, Chloé dite Simpstone, Jenifer, Elodie, René, Canelle, Bernadette, Charly, Aurélie, Ouzo, Christian, Loulou, Yannick, Dominique, Maya, Marie, Maxime, Michelle et Michel, Rosa, Joseph, Laurent, Pierre, Josiane, Micheline, Anne, Pascale, Jean-Christophe, Gérard, Bernardette, Valentin, Jessica, Vincent, Josiane, Micheline, Dominique,Audrey, Claudie, Jean-Paul, Stéphanie, Jeanine, Louka, Jacqueline, Pénélope, Jeanne, Louise, Peggy, Raymond, Robert, Clothilde, Dylan, Johnny, Léno, Jacques-Patrice,James, Micheline, Nicole, Tristan, Manu, Eude,Catherine, Elena, Anaïs, Pascale, Magalie, Nathalie, Didier, Sabrina, Laïla,Pierre, Alexis, Isabelle, Angélique, Marie-Ange et toutes celles et ceux rencontré.e.s…

Merci à la ville d’Achicourt,

et en particulier : Sylviane Dal Pos, Alexis Vin, Isabelle Quenehen, Monsieur le Maire Jean-Paul Leblanc,

Merci à Anne et son mari de nous avoir accueillis si chaleureusement dans la salle dessin et la salle poterie de l’Espace François Mitterrand, 

Merci au collège Adam de la Halle, en particulier à Mr Paillart et toute son équipe de nous permettre de créer dans de bonnes conditions, merci aux élèves de Mr Becquet de leurs retours pertinents,

Merci à “Bernardette”, Gérard et Valentin pour la visite du moulin, pour les cerises, l’accueil, le café costaud, l’improvisation en imper’ à la fin du spectacle,

Merci aux services techniques de la ville, la bonne humeur encore une fois et l’efficacité redoutable !

Merci à Kelly de la police municipale de nous suivre dans nos aventures, on te souhaite de passer de bonnes vacances méritées,

Merci à l’ensemble des conseils de quartier, pour vos encouragements, visites, repérages, distribution dans les boîtes aux lettres, en particulier à Isabelle et Alexis (“Astérix”),

Merci aux différents bailleurs sociaux qui accompagnent le projet : Pas de Calais Habitat, S.I.A Habitat et la Sigh,

Merci aux différents partenaires institutionnels : la Drac, le ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales,

Merci à l’association Porte-Mine sans qui ce projet n’aurait jamais vu le jour, merci à Suzanne Letombe (notre soutien solide) et Marie Forquet

Merci à L’Escapade d’Hénin-Beaumont, à Jean-Yves Coffre et à son équipe, une pensée pour Djelloul et Anaïs, 

Merci à la Ville d’Arras et à l’Office Culturel.

Parmi vous 

Quartier 4 As Moulin - Achicourt

Instantané de semaine du lundi 20 au samedi 25 juin

 

Avec : Aurélie Ramat, Perrine Grzelka, Anna Sevin, Olivier Grave, Anthony Coudeville, Anthony Drion (et le grand retour parmi nous de “Barbe Rousse” plus connu sous le nom d’) Anthony Rzeznicki ; 7 escabeaux, 7 chevalets, 7 impers’, 7 valises, 2 barnums, 1 enceinte capricieuse, un moulin, un motel de l’Orne

Carnet de quartier, texte et mise en scène : Clément Bailleul

Texte et interviews, assistante à la mise en scène : Déborah Arvers

Montage photographies carnet de quartier : Aurélie Ramat et Cécile Hanniet 

Coordination et production : Cécile Hanniet

JOUR 4 // PARMI VOUS // 4 As Moulin // Achicourt

Carnet de quartier : Jeudi 23 juin

 

“La Harley de Tristan”

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Écrire la foule en mouvement, les caméléons labyrinthiques, les dédales. Écrire des territoires de consolation. Écrire l’impudeur et le romantisme comme dirait Déborah. Être une aventure à soi tout seul, un rubik’s cube irrésolu. Écrire dans la vitesse, écrire depuis la rue du 19 mars 1962. Écrire des allures de motel américain. Écrire sa route 66, son évasion. Écrire des mille-feuilles, écrire l’épisode 3 de nuit, de jour. Écrire après les roses, les épines. Écrire après Manneret et la Place de Rouen. Écrire en essayant de ne pas décevoir. Écrire des travellings, des mouvements de caméra. Écrire une ville, des habitant.e.s., écrire des quartiers, des tectoniques de plaques, des panoramas. Écrire malgré la pluie prévue, le public à l’abri et nous sous l’eau. Écrire insatiable. Écrire depuis la moto empruntée, les visages, les paysages. Écrire avec les ailes du moulin qui propulsent. Écrire 30 pages. Écrire de nouvelles aventures. Écrire pour 7 chevalets, 7 escabeaux, 7 impers, 7 valises, 14 bras, 14 mains, 7 corps jeunes et beaux, 3 déesses et 4 apollons. Écrire au milieu des voix. Écrire recouvert de mille costumes.

JOUR 3 // PARMI VOUS // 4 As Moulin // Achicourt

Carnet de quartier : Mercredi 22 juin

 

“Capharnaüm cosmopolite et voyages intérieurs”

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Une caverne d’Ali-Baba à François Mitterrand, des portes ouvertes de 9h15 à 18h à l’école de musique, un déménagement de la salle dessin à la salle poterie, des triangles géographiques et migratoires, des méridiennes de la résidence Hacart à la place Flers de l’Orne. Aller sur l’Etna à 15 ans et changer de vie, acheter une Harley Davidson centenaire, monter le son, écouter “Sweet Dreams” d’Eurythmics à fond, prendre sa vie en main, embrasser la vie autrement, avoir son appart’ à 20 ans, s’occuper de ses grands-parents. Fuir la guerre, protéger ses enfants, partir de Kiev, regarder le ciel, regarder les avions passer, laisser son mari là-bas. Attendre le jardin zen, refuser la croisière en Grèce, agrandir les avancées, pousser les devantures puis réduire les avancées et reculer les devantures. Être hypnothérapeute et contrôleuse Sncf en même temps. Voir disparaître la supérette “Timi House”, devenir skipper, devenir entrepreneur. Se rebeller, refuser les ordres, finir par partir. Passer son code mais ne jamais passer le permis. Être blouse rose. Être à la fin de sa vie malheureux comme une pierre. Etre militaire de carrière, le Tchad, le Brésil, le Golfe et Kadhafi, l’Irak. 

Vouloir retourner en Corse rejoindre les filles. “Aimer la bière et les frites comme des ouvriers”. Se remettre du cancer, revenir de loin, perdre 20 kilos, porter son alliance autour du cou. Avoir une trentaine d’années dans sa tête mais avoir la soixantaine - “Si votre valise est vide, ça doit être plein quelque part”. Tirer à l’arc, attendre Cupidon, attendre Sullivan, Angelo, Brian, attendre près de chez soi de grandir, attendre que son amour pansement fasse effet. Mettre un casque et des lunettes de réalité virtuelle, s’offrir une autre vision un instant, partir dans la fiction. Partir de l’appartement de 84m2, trouver la maison et la grande piscine. Partir vivre à la Réunion et revenir danser dans les translocaux. Créer des territoires de collectif, aimer ses résident.e.s comme ses grands enfants. Se reconvertir de la comptabilité à l’aide à la personne, croire à l’égalité des chances, croire en l’humain.

JOUR 2 // PARMI VOUS // 4 As Moulin // Achicourt

Carnet de quartier : Mardi 21 juin

 

“Sea, sex and sun”

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Une invitée surprise ivre dans la conciergerie. Des infractions au code de la route et des pervenches improvisées. Une résidence du soir pas si paisible et coquine. Un jeu RTL et 3000 francs de luminaires. Des livres érotiques et Emmanuelle au cinéma. Un franc-parler parisien, des nez de bœuf et des culs de canne. Du “”Jauni” Hallyday”, du “Manège à moi”, du Bieber/Farmer, du Mike Brant rital. Du crêpage de chignon chez Dominique coiffure. Un Jean-Claude en plein renouveau : nouvelle voiture, nouvelle femme, nouveau boulot. Un Jacques ébouriffé/philosophe, chercheur en immunologie aux allures de Slender Man. Un combat de jeunes bûcherons devant l’école Jean Macé. Une Laguna capricieuse réclamant tarmac rue Pierre Curie. Pénélope et les Jumelles, les Deli’pocket Alfredo, “l’été où je suis devenue jolie”, Tom Holland, “Partenaire Particulier” et les soirées de 19h à minuit. Micheline Carton - “il y en a plein des Carton” - fan de Kendji Girac parce qu’il est beau. Pierre Fromentel, les clés Usb scotchées, la vidéo du moulin, les meuniers truands, les costumes à carreaux. James et Gaëlle, le 14 juillet,  le coup de foudre.  Raymond, le jackpot pour

les femmes, les rencontres internet, les 950 euros de chaleur russe. Jean-Christophe, les garçons, la maison hantée, le gigot de ch’père. Louka, le nouveau scooter, l’alternance chez Payen en septembre. Jean-Paul, le copain Robert, le club de belote tous les jeudis - “j’ai mon petit tiercé, mon petit harem”. Jeanine, les animations dans les supermarchés, la fête des voisins devant chez elle. Dylan, Nini et Léno, la Leffe Ruby, la vodka pomme, la caravane pour un moment à Arras. L’apprentissage des créneaux devant l’EFM, l’impression d’un Walking Dead Place Flers de l’Orne. Des résident.e.s cherchant l’amour, des avances aux comédien.ne.s, des éperdu.e.s. Des chips et du coca après les cours, le vétimarché disparu, les ailes en croix plantées là découpant le ciel et l’immense parvis qui attend, les housses d’instruments à deux pattes, les chiens qui s’invitent dans le QG, songer à transformer le projet en récolte de paroles canines, songer à créer une entreprise de “petsitters”, songer à souhaiter un joyeux anniversaire à notre comédien Olivier. Écrire avec le son de Chuke Machine au Hangar des Potes, écrire en fin de journée pendant la répétition d'Ethnidance, écrire depuis la salle de dessin, écrire les corps en manque, les corps ensemble, les corps de passage, les corps en fanfare.

JOUR 1 // PARMI VOUS // 4 As Moulin // Achicourt

Carnet de quartier : Lundi 20 juin

 

“Panorama premier”

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Rue du 19 mars 1962, les pizzas prêtes en 3 minutes, l’Antargaz 24/24, les palmiers devant le carrefour de la fleur, la laverie révolution de 8 à 18 kg, le chat/robot d’Autour du Buffet qui ramène les boissons, la flambée du carburant, le SP95 à 2.055, le SP98 à  2.168, le Gazole à 2.139 euros. La centrale literie sans intermédiaire, Eurauto 62 “un service de qualité, votre satisfaction notre priorité”, la maison Astérix d’Alexis, les rochers devant le terrain à l’abandon, la vue sur les immeubles de la Place de Rouen, les poussettes, les cabas à roulettes, le livreur deliveroo dans un sens puis dans l’autre, le parallélisme à 35 euros, une vitrine en pattes de chiens et chats à Hol’Enfaim. René qui promène Cannelle, le poil soyeux qui sort du toiletteur, sans collier, sans laisse ; Christian avec son York, le concierge en gilet fluo orange, le cure-dent à la bouche et les brodequins. Maxime, les tenues vertes de l’harmonie et les noeuds papillons jaunes, la grosse caisse et Juliette qui se cache derrière à la cérémonie du 8 mai, l’accès caché aux combles de l’EFM. Bouchra et Arkane, 6 ans, le bâtiment tout grand là-bas, tout en haut, les envies de Maroc, les grands-parents. “Bernardette” et Gérard, le café costaud, les cerises du jardin, le laurier offert, la visite du moulin avec Valentin qui nous rejoint pour libérer les ailes. Xavier, la fenêtre ouverte, les pâtes d’un côté et le poisson pané de l’autre, le bébé, Ludivine, aller s’installer au Canada pour les paysages et la poutine, les corons, le grand-père, le tatouage “2, Hope, Pride, Strong” comme seconde chance. Sabrina, l’appendicite qui se transforme en grossesse, l’arrivée à l’hôpital à 12h30 et Alexandra qui naît à 13h10. Rosa de Carcassonne, déracinée - ”mon disque dur j’arrive à le reconnecter assez facilement, je suis de partout et de nulle part alors je m’adapte”. Marie, 19 ans, les allers-retours Paris/Achicourt, la prépa pour l’école de commerce, la maison des parents, sa chambre d’enfant, les racines. Bernadette et ses enfants - “un coup de pied aux fesses pour monter le premier barreau de l’échelle, il sera toujours possible de descendre si tu n’y arrives pas”. On souhaite un bon anniversaire à Wilo : 39 ans. On salue Alison, la sagesse espiègle et le numéro de contorsionniste. On nous raconte la tornade de 2014, la table en verre dans le jardin, les à priori du centre sur les 4 As. On croise Chloé : “Simpstone”, rue du Dépôt, la rappeuse du quartier. Nouveau panorama, nouvelle semaine. A demain !

Achicourt - Quartier 4 As Collège - du 13 au 18 juin 2022

JOUR 6 // PARMI VOUS // 4 As Collège // Achicourt

Carnet de quartier : Samedi 18 juin

 

“Episode 2 : Jamais baisser les bras”

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“On devrait ériger un édifice ici, un phare, le plus haut de tous. On le fabriquerait avec les mains de chacun. On choisirait les matériaux ensemble, il ressemblerait un peu à toi, toi ,toi, à nous toutes, à nous tous. A l’intérieur, il y aurait des bureaux un peu partout et pour tout: un bureau des plaintes, un bureau des rêves, un bureau pour les coups de mou, un bureau pour gueuler un bon coup quand ça va pas, un bureau où il y a tout ce qu’il faut. On y entendrait des cris, de la douleur, des galères, des jours de gloire, des jours de victoire, des jours de collectif, des jours de barbecue, de karaoké, des jours heureux. De tous ces bureaux, toutes ces voix sortant de l’édifice, on en ferait un manifeste, un grimoire de plusieurs étages, on le lirait publiquement et on se dirait juste qu’on n’a jamais baissé les bras, qu’on est humain, qu’on fait ce qu’on peut et c’est déjà pas mal.”

Merci aux habitant.e.s du quartier 4 As Collège et en particulier : 

Nolan, Thérèse, Charline, Clara, Séléna, Ejaz, Ali, Guillaume, Fabrice, Icram, Kenza, Chloé, Marion, Laurence et Jérôme, Michèle, Stéphanie,Véronique, Aude, Milo, Jennifer, Bénédicte, Eve, Thalia, Maël,Zoé, Emilien, Fanny, Diane, Kévin, Nathalie, Kim, Carole, Elise, Nicole, Philippe et Catherine ou plutôt “Jonathan et Jenifer”, Mr Péru, Madame Tami, Jacques, Audrey, Claudie, Dalila, Jo, Jordan, Kim, Livio, Zoé, Laëtitia, Aurore, Mehdi, Stéphanie et tous les anonymes ayant voulu discuter avec nous.

 

Merci à la ville d’Achicourt,

et en particulier : Sylviane Dal Pos, Alexis Vin, Isabelle Quenehen, Monsieur le Maire Jean-Paul Leblanc,

Merci au Centre Socioculturel des Racines et des Ailes de nous avoir accueilli si chaleureusement, merci à Lahcen et toute son équipe, merci à Cindy, merci à Bastien et Alban de l’Agora,

Merci au collège Adam de la Halle, en particulier à Claudie et Mr Paillart, à Madame Berthoud et Madame Flahou, aux 3ème Molière et 4ème Galilée, votre soutien est précieux,

Merci à Mathieu et à toute son équipe de la piscine citrouille, c’est quand la prochaine Pool Party ?

Merci à Virginie et à toute son équipe de la médiathèque, pour les encouragements et la bienveillance durant la semaine, 

Merci à Jordan, pour l’accès au courant directement chez l’habitant, 

Merci à Annie, pour les bouteilles au frais, la collection de chapeaux et les “lunettes coeur”, les bancs oubliés, 

Merci aux services techniques de la ville et en particulier à Robert Redford, Eddie Murphy, Cristiano Ronaldo, Francis Veber et le petit dernier : “le débroussailleur" de nous avoir encore une fois suivi dans notre marathon du samedi avec bonne humeur et efficacité,

Merci à Kelly et Didier de la police municipale de nous suivre dans nos aventures,

Merci à l’ensemble des conseils de quartier, pour vos encouragements, visites, repérages, distribution dans les boîtes aux lettres, en particulier à Stéphanie, Madame Butez, Madame Gilet,

Merci aux différents bailleurs sociaux qui accompagnent le projet : Pas de Calais Habitat, S.I.A Habitat et la Sigh,

Merci aux différents partenaires institutionnels : la Drac, le ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales,

Merci à l’association Porte-Mine sans qui ce projet n’aura jamais vu le jour, merci à Suzanne Letombe (notre soutien solide)  et Marie Forquet

Merci à L’Escapade d’Hénin-Beaumont, à Jean-Yves Coffre et à son équipe, une pensée pour Djelloul et Anaïs, une pensée pour Miguel aussi, à nos souvenirs sur les terrains de pétanque,

Merci à la Ville d’Arras et à l’Office Culturel.

Parmi vous 

Quartier 4 As Collège - Achicourt

Instantané de semaine du lundi 13 au samedi 18 juin

 

Avec : Aurélie Ramat, Perrine Grzelka, Anna Sevin, Olivier Grave, Anthony Coudeville, Roch Terrier, Anthony Drion

Travail plastique en direct : Margaux Darloy

Carnet de quartier, texte et mise en scène : Clément Bailleul

Texte et interviews, assistante à la mise en scène : Déborah Arvers

Montage photographies carnet de quartier : Aurélie Ramat et Cécile Hanniet 

Coordination et production : Cécile Hanniet

JOUR 5 // PARMI VOUS // 4 As Collège // Achicourt

Carnet de quartier : Vendredi 17 juin

 

“Tracer les contours”

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Tracer les contours, les visages. La peinture dégoulinante, la peinture qui sèche vite, les 34 degrés. Tracer au milieu du collège, lire le manifeste, tracer avec les 3ème Molière et la 4ème Galilée. Tracer les défis d’un jour. Tracer en soi des chemins de rencontres, des parcours de vie. Tracer des entremêlé.e.s, tracer sous la chaleur, tracer dans la lutte, la sueur. Tracer un jour heureux. Tracer des symphonies, des voix, des corps. Tracer 58 minutes, tracer du face à face. Tracer des deux mains, tracer de la chair, de l’échine, tracer dans l’écho de la semaine. Tracer dans le doute, tracer dans le neuf, tracer dans la volonté, tracer dans la danse, les statues, tracer dans l’instant, vite. Tracer dans l’urgence de restituer, tracer Mr Péru, Madame Tami, tracer de Laëtitia à Jordan, tracer Dalila, tracer les Municipaux, tracer Jo, tracer le plus possible. Tracer dans la beauté des gens, tracer dans la poésie ordinaire, tracer sans s’en rendre compte des chemins. A l’infini tracer. Tracer en A3, tracer multiple, tracer posca, tracer peinture, tracer dans la poudreuse des premiers pas, tracer maladroit, tracer imparfait.e mais tracer. Tracer l’épisode 2, de toutes nos mains, des deux bras.

JOUR 4 // PARMI VOUS // 4 As Collège // Achicourt

Carnet de quartier : Jeudi 16 juin

 

“Carnaval”

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On aimerait tout garder. Tout ce qui a été dit, en faire un spectacle de jour comme de nuit, un 24h des 4 As Collège. On ferait un barbecue géant qui s'étendrait de la Place de Rouen à la résidence 4 As Manneret. Des farandoles, des brocantes de locataires, un karaoké illimité. On s’arrêterait chez l’un et chez l’autre pour boire l’apéro, et chacune et chacun se raconterait chez elle ou chez lui. A la fin, on se rassemblerait autour d’un feu et on raconterait l’histoire du quartier ensemble, on brûlerait nos masques de carnaval et on montrerait nos vrais visages. Un énorme feu, une étincelle multiple démasquée. L’épisode 2 est terminé, il fait 23 pages, il provient de 23 mains, d’une soixantaine de retranscriptions. Il s’appelle: “Jamais baisser les bras”. On est tombé sur cette chanson, une version de Chantal Mathieu et on s’est dit qu’elle correspondait bien au quartier, qu’elle est fidèle à ce qu’on a entendu. Demain, on met en place le spectacle devant les 3ème Molière et les 4ème Galilée, on change de dispositif, on explore, on tente de raconter autrement, en face à face. Margaux nous rejoint, elle va dessiner pendant le spectacle. On se met en chantier, on cherche. On trace les contours d’un nouveau Parmi vous, le 2ème d’Achicourt, le 7ème pour l’équipe. A demain !

JOUR 3 // PARMI VOUS // 4 As Collège // Achicourt

Carnet de quartier : Mercredi 15 juin

 

“La foule”

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Madame Tami, il faut lui caresser les cheveux, il parait que ça porte chance pour trouver du travail. Thérèse, elle nous dit que c’est une femme comblée qu’il lui manque juste un beau sapeur pompier et ça serait parfait. Monsieur Péru, il a un côté Galabru, il nous offre un imper’ et un chapeau, il s’occupe de l’Amicale du Manneret depuis 42 ans, il nous parle des 18 ans de procès, des couscous, du Beaujolais, de la rue Marcel Pagnol, de la danse folklorique. Michèle, elle nous cause du RSA, de la peur de voir sa facture grimper avec le chauffage au sol qui va peut-être devenir individuel. Nathalie, c’est BFM, toujours en fond sonore chez les gens, toujours la peur sur l’écran, toujours la catastrophe pas loin. Eve, Thalia, Zoé, Emilien et Maël nous informent que le collège fait les meilleures pâtes au beurre de tout l’univers. Jo propose de remonter les bordures de la rue de Laon pour les mettre à hauteur des bus. Matthieu nous dit que les habitué.e.s de la piscine on les remarque direct - “Ils viennent toujours le même jour, toujours la même heure, ils posent leur petit matériel toujours au même endroit, vont faire autant de longueur, pas une de plus ou de moins et bim, 

après ils remontent”. Claudie, elle nous dit qu’“études longues ou études courtes il y en a pour chacun.e, l’éducation nationale moi j’y crois, l’important c’est d’amener à choisir, même si c’est par des chemins détournés, on peut y arriver, même avec des difficultés”. Monsieur Paillart, il nous raconte qu’un jour, il a vu “un élève à 2 pattes dans la cour, on s’est mis à courir après une poule avec un agent et quelques élèves, j’avais jamais vécu ça dans ma carrière !”. Jordan, il est obligé d’aller à Arras ou Beaurains avec ses enfants parce qu’il n’y a pas de jeux dans le grand espace vert à côté de chez lui “alors qu’il y aurait moyen”. Elise, elle nous dit qu’elle a acheté une maison à un Monsieur qui s’appelle Denis Bart. On nous conseille de faire un spectacle burlesque de course à vélos, que ça marcherait mieux que du théâtre. On nous parle du petit-train qui venait chercher les gens pour la fête du Moulin. Que les Ehpads, ce sont des “mouroirs” ; que les personnes âgées, elles veulent rester dans leurs murs, au milieu de leurs souvenirs. Qu’ici, ce sont des familles de cœur, des familles pour la vie, des familles qui se soutiennent. Cette petite foule, on va tenter de l’écrire au mieux, de la faire entendre, de la raconter le plus fidèlement possible. A demain !

JOUR 2 // PARMI VOUS // 4 As Collège // Achicourt

Carnet de quartier : Mardi 14 juin

 

“Manifeste”

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Choper le bus, prendre un taxi, faire des ménages, rejoindre l’usine d’endives, le collège, les immeubles de 5h du mat’ à 20h tous les jours. Ne pas prendre de congés, ne jamais être chez soi. Attendre six ans pour l’installation de chaudières premier prix, chercher l’eau chaude chez ses amis, ses parents. Envoyer des courriers, signer des pétitions, couper l’arbre soi-même, lutter ensemble - “à force d’acharnement, on y arrive”. On est monolithe, on est d’un bloc, déterminé, on est là et on agit, on a des idées, on veut “des bancs, des tables, des jeux pour les enfants, des espaces pour les chiens”. On aimerait une signalétique à chaque entrée - “pourquoi les habitant.e.s ne choisiraient pas le nom de leurs bâtiments ?” - “pourquoi les rues ont des noms d’arbres ou d’écrivains et pas nos appartements ?” - “Pourquoi on reste sur l’image du quartier d’ il y a vingt ans et pas celle qui correspond à la réalité d’aujourd’hui ?”. “On ne peut pas travailler avec les gens si on ne s’attache pas à leurs histoires, si on ignore tout d’eux”. “Ici, on réhabilite, on rénove électriquement, on s’occupe des portes et des interphones.  De juillet à septembre, on va détruire les tourelles 

et attaquer les parties communes”. Au collège, on tente d’écrire un début de manifeste, une déclaration qu’il faudra lire publiquement un jour ou l’autre - “j’exige de travailler en ayant un smic même si je suis mineur”- “j’exige que chacun ait les mêmes chances d’accomplir ses rêves”- “je n’accepte pas que les hommes prennent les femmes pour des objets qui assouvissent leurs désirs”- “ je suis prête à changer, à me bouger pour faire entendre mes revendications”. Rue des Érables, une ruche s’organise, il y a Bénédicte, Kim puis Jenifer, Nathalie, Kevin, Jo et Alexandra et les poussettes et à la fin, on est une quinzaine à refaire le monde, à se dire que c’est possible, on parle des fêtes des voisins, des barbecues géants, des karaokés, des batailles d’eau “on se met toutes et tous dehors, on suit le soleil quand c’est comme ça”, “par contre les petits vieux, ils peuvent pas descendre, il y a pas d'ascenseur ici, il n’y a pas de bancs, pour nos petits vieux, on fait rien”. On devrait ouvrir un bureau des plaintes, un bureau des rêves, un bureau pour les coups de mou, un bureau pour gueuler un bon coup quand ça va pas, un bureau où il y a tout ce qu’il faut, plein de bureaux partout, on devrait en faire un manifeste, un grimoire de plusieurs étages, on le lirait publiquement et on se dirait juste qu’on est humain c’est tout.

JOUR 1 // PARMI VOUS // 4 As Collège // Achicourt

Carnet de quartier : Lundi 13 juin

 

“Contrastes”

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Des pool party nocturnes avec Dj, des collégiens bras dessus/bras dessous, des demi-pensionnaires, des carnets de correspondance à la main, des esseulé.e.s sous arrêt de bus en train de faire la sieste. Des gradins cherchant public au stade, des terrains sans sueur, des tombes fleuries, des chemins serpentés, des lampadaires en quinconce, de la modernité et de l’ancien, des navires/immeubles surplombant la ville, des rangées de garage, des bancs disparates, la Place de Rouen, l’aire de jeux emprisonnée, l’odeur du gazon tondu, les créatures à la craie sur le bitume signées par Magdalena, Mathéo et Noé, des “délires architecturaux”, des gommettes géantes pour façades, des travaux d’amélioration de 2 millions 6, des annonces pour le chat Joon égaré, une boîte à livres contenant “Chiens perdus sans collier, “Madame le proviseur” et “un Certain décembre”. Des employés municipaux célèbres : “Moi, c’est Robert Redford, lui, Cristiano Ronaldo,  là-bas, Eddie Murphy, là, Francis Veber et le petit dernier, il n’a pas de nom encore mais on l’appelle : “le débroussailleur”. Des différends de palier, du racisme ordinaire, des

“prétextes pour la colère”, la colère en soi, “remettre le doigt sur l’origine de sa colère”. Des râleur.euse.s, des forces de proposition, des bâtiments collectifs, de l’isolement, des élans solidaires, des “impressions de faire partie du même nœud". Des chiens détecteurs de naissance, des bénévoles des restos du coeur professionnelles en géolocalisation, la jeunesse à l’Agora, les sorties en minibus, les magasins à Lille, le non-stress pour le brevet, des philosophes de tout âge : “il y a le pire et il y a le mieux, il faut que chacun y mette du sien”, “si vous voulez faire des poèmes ça marche mieux avec de la musique douce”, une médiathèque de 18 000 documents pour 120m2. Des petites réputations, des petites victoires du quotidien, des liens de confiance, des clichés sur les jeunes du quartier, “des jeunes comme les autres, des bons jeunes”. Des “ta gonzesse tu lui diras de jeter son masque dans une poubelle la prochaine fois ?”, des “il faudrait nettoyer là-bas” - “bah, je vous en prie, prenez un balai Monsieur”, des présentations de chien à travers les vitres, des oscillo battants au début puis des fenêtres qui s’ouvrent complètement, des bières de début d’après-midi, des suggestions - des concours de boules - des brocantes de locataires - “la perfection n’existe pas mais des améliorations peuvent être faites”. Des ascenseurs qui s’arrêtent au 8ème et des bâtiments de 9 étages, des handicapés en hélicoptère, des “merde j’ai oublié mes clés” de rez de chaussée, des filles faisant des cocktails en bateau-mouche à Paris, des psys ayant baissé les bras, des “je suis là, j’attends, je ne sais pas ce que j’attends mais je suis là”. On est là, on vient à votre rencontre ! A demain !

Achicourt - Quartier Centre - du 9 au 14 mai 2022

JOUR 6 // PARMI VOUS // CENTRE // Achicourt

Carnet de quartier : Samedi 14 mai

 

“Maintenant, je connais un peu mieux une toute petite partie du Monde”

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“Des roses et des épines”. Le titre est venu tout de suite quand on est passé devant chez Germaine dans la rue Eugène d’Hallendre. Des roses dans les jardins, des roses pour s’occuper. Des roses qu’on offre, des qu’on dépose, des qu’on cultive. Des roses dont il faut s’approcher avant d’en connaître l’odeur, en se méfiant des épines. Des roses pour nous protéger. Pour réparer les vivants, pour bénir les morts. Des roses qui forcent à pousser la porte, à sortir de chez soi.

 

Merci aux habitant.e.s du quartier centre et en particulier : André, Geneviève, Marion, Margaux, Michelle, Nicole, Richard, Sylvie, Anne, Claudine, Francine, Delphine, Jean-Marc, Jocelyne, Jeanine, Anne-Sophie, Axel, Corentin, Nathan, Matis, Nathalie, Sylvie, Régis, Wailly, Lucie, Angélique, Cédric, Pauline, Personne, Aurore, Adrien, Nathalie, Anthonin, Mayenne, Carlos, Danielle, Suzanne, Christelle, Guillaume, Marie-Jeanne, Marie-Paule, Madame François, Nathan, Tony, Cendrine, Sylviane, Alexandre, Jean-Luc, Isabelle, Bénédicte, Germaine

Merci à la ville d’Achicourt,

et en particulier : Sylviane Dal Pos, Alexis Vin, Isabelle Quenehen, Monsieur le Maire Jean-Paul Leblanc, merci pour votre confiance, votre soutien, merci d’être si présent.e.s auprès de nous,

Merci aux services techniques de la ville de nous avoir suivi dans notre marathon du samedi,

Merci à Kelly et Didier de la police municipale,

Merci à l’ensemble des conseils de quartier, pour vos encouragements, visites, repérages, distribution dans les boîtes aux lettres, 

Merci à l’Ehpad “les Jardins du Crinchon” et au groupe Ahnac, de nous avoir si bien accueillis, merci aux résident.e.s de nous avoir confié leurs paroles, merci à Stéphanie Biondolillo pour son enthousiasme et sa gentillesse, merci à Isabelle Thibaut d’avoir rendu ça possible.

Merci aux différents bailleurs sociaux qui accompagnent le projet : Pas de Calais Habitat, SIA Habitat et la Sigh,

Merci aux différents partenaires institutionnels : la Drac, le ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales,

Merci à l’association Porte-Mine sans qui ce projet n’aurait jamais vu le jour, merci à Suzanne Letombe et Marie Forquet

Merci à L’Escapade d’Hénin-Beaumont, à Jean-Yves Coffre et à son équipe, une pensée pour Djelloul aussi et Anaïs,

Merci à la Ville d’Arras et à l’Office Culturel.
 

Parmi vous 

Quartier Centre - Achicourt

Instantané de semaine du lundi 9 au samedi 14 mai

 

Avec : Aurélie Ramat, Perrine Grzelka, Anna Sevin, Olivier Grave, Anthony Coudeville, Roch Terrier

Carnet de quartier, texte et mise en scène : Clément Bailleul

Texte et interviews, assistante à la mise en scène : Déborah Arvers

Montage photographies carnet de quartier : Aurélie Ramat et Cécile Hanniet 

Coordination et production : Cécile Hanniet

JOUR 5 // PARMI VOUS // CENTRE // Achicourt

Carnet de quartier : Vendredi 13 mai

 

“69 bis rue Marcel Delis”

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Vous allez faire des travaux ? Vous partez en vacances avec des valises vides ? Vous faîtes quoi avec tout ce barda ? C’est bien que vous soyez là, il va y avoir un peu de punch ! On vous a installé des fanions et on a imprimé des lettres géantes avec le titre du spectacle et votre nom, on les met là ? Il y a du café, des madeleines, ça vous va, 12h15 pour manger ? C’est un bien beau bolide que vous avez ? Ouais, c’est une mercedes mon déambulateur. On nous regarde par les fenêtres, on nous demande ce qu’on fait. Vous pouvez laisser votre musique jusqu'au bout, ça fait du bien ? Vous pouvez fermer la porte, il y a un courant d’air ? Et puis, il y a le Monsieur, qui n’arrête pas de faire des allers-retours pendant la répétition, il vient écouter, il y a du Brel en fond sonore, il nous regarde attentivement comme si ça lui rappelait quelque chose. On prend nos marques, on est les bienvenu.e.s, on se sent accueilli.e.s. On réimprime, on rebricole, on coupe, on reformule, on cherche la pulsation. On aimerait tout garder, tout dire, on en fera quelque chose de toute façon, du précieux on en fait toujours quelque chose. Dès demain, ouvrons les valises, faisons entendre, jouons en plein milieu de la Cité Sémard, dansons dans les “Jardins du Crinchon”, faisons vibrer la  Place Jean-Jaurès. Demain on sera ensemble, un moment, Episode 1: Des roses et des épines. A demain !

JOUR 4 // PARMI VOUS // CENTRE // Achicourt

Carnet de quartier : Jeudi 12 mai

 

“18 pages”

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Écrire dans le silence, au milieu des fantômes, avec l’écho de vos voix. Les mains tachées d’encre, défricher nos carnets neufs. C’est un patchwork qui se déploie, un rubik's cube complexe, des dizaines de poupées russes face à nous. Cité Sémard, Résidence Tillion, la Bassure, le centre-ville ; centaine de visages, milliers de mots, chercher de l’or dans la rivière sans kit d’orpaillage. À chaque semaine, un épisode différent, une tentative de raconter les sensations, l’atmosphère, un instantané de quelques jours. Je t’ai dit qu’avec mon mari, on s’est rencontré sur les bancs de la musique, maintenant on fait des bidouilles musicales ? Je t’ai dit que depuis 20 ans Germaine met un rosier à sa fenêtre pour que les épines dissuadent les visiteurs ? Je t’ai dit que mon expression fétiche c’était “Oh putain” avec l’accent marseillais car mon fils est là-bas maintenant ? Je t’ai dit que Normandine elle a plus de 20 ans, qu’avant elle faisait des randonnées dans la Creuse, et que c’est la Daronne du troupeau ? Je t’ai dit qu’on avait coulé la dalle de béton avant de demander le permis de construire ? Je t’ai dit que Bernadette de l’Ehpad,  elle ne jurait que par le maire ? Je t’ai dit que les gens adoraient le chocolat et que ça devrait être remboursé par la sécurité sociale ? Je t’ai dit que le premier épisode allait s’appeler “Des roses et des épines” ? Qu’il faisait 18 pages ? Qu’il

y avait six comédien.ne.s dans le spectacle : Aurélie, Perrine, Anna, Roch, Anthony, Olivier ? Je t’ai dit qu’on répétait demain à l'Ehpad et qu’on jouait trois fois samedi ? Je t’ai dit que t’étais la/le bienvenu.e et que c’était gratuit ?

JOUR 3 // PARMI VOUS // CENTRE // Achicourt

Carnet de quartier : Mercredi 11 mai

 

“Mille royaumes en toi”

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Des mamies fêtardes en boîte de nuit à Tournai et au Macumba et leurs filles inquiètes jusqu’à 9h du matin. Une oie en pleine évasion, un avis de recherche. Un canard colbert emporté par le courant tentant de battre son record de vitesse vers l’infini. Un appel anonyme, un véhicule de police - “qu’est ce que vous faites là messieurs dames ?  Vous faites peur aux habitant.e.s ? Ce sont vos valises qui font peur, on sait pas ce qu’il y a dedans!” Des interviews en petites tenues matinales. Des soupes à l’oignon pas tout à fait mixées, du sel qui ne dégèle pas, des coups de pelles en plein visage, une commande improbable de 54 os à moelle, un coq saoul aimant la liqueur de mûre, un Père-Noël de toit qui ne veut plus partir pendant cinq ans, une grand-mère-maîtresse Yoda avec la casquette et la figurine, le chien une demi-heure le matin, une demi-heure l’après-midi, les sens uniques incohérents, l’âge des artères, les baudets. Une sortie à l’assemblée nationale qui finit en visite du père Lachaise et un hommage poignant devant la statue de Dalida. Carlos, le 44 tonnes, les gens à contresens, les gens qui marchent dans le noir sur l’autoroute. Madame Maginot (“comme la ligne” dit-elle), le tabac à Thionville puis la rue en travaux, la faillite. Mayenne, le yoga dans le jardin, le contrôle de papier à Charles de Gaulle, le crush d’aéroport.

Suzanne, la perte de luminosité, les maisons qui se construisent en face, le rez-de-chaussée, les choses qu’on garde pour soi - ”pas l’enfance, l’enfance c’est pas terrible”. Alexandre, les jeunes agriculteurs, le bio, la production, la cantine du coin, la transmission et l’avenir. Adrien de la résidence Tillion qui nous dit : “lorsqu’on est jeune, il faut profiter de la vie, on a le temps et l’énergie mais pas d’argent. Une fois adulte, on a l’énergie et l’argent mais jamais le temps. Une fois vieux, on a l’argent, le temps mais plus d’énergie”. On écrit les premières lignes du spectacle, on finit la collecte, on trie les mille royaumes en vous et on revient ! A demain ! 

JOUR 2 // PARMI VOUS // CENTRE // Achicourt

Carnet de quartier : Mardi 10 mai

 

“L'Heure où nous ne savions rien l'un de l'autre” (Handke)

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Des ballons de baudruche navigateurs et des chutes dans le Crinchon, une recette de marmite espagnole, du Seckou Keita, de la Kora, le ciel qui se dévoile petit à petit. Un promeneur philosophe nommé “Personne” : ”ici l’hiver mes os cailleront dans la tombe alors qu’au Cameroun ils auront chaud”. On froisse nos gabardines dans le centre. On croise Aurore, Elisabeth et Françoise de la pharmacie, on parle coupure de courant, chaîne du froid - “stressées du frigo”, des ordonnances falsifiées avec les fautes d’orthographe :  “boates de compresses”, des oreilles tranchées, des amoureux tactiles à la caisse. Au Vival, Cédric nous dit que “le Nord ça sert à recharger ses batteries” avant de retourner vivre à Carcassonne. Pauline de la micro crèche “Top là !” se souvient des tartines de pâté au goûter, qu’il faut parfois revenir aux origines, que son fils Noa de 3 ans adore “les Petits papiers” de Régine. On parle reconversion et shooting photo avec Anne-Sophie de la chocolaterie. Avec Laura et Méloée, on découvre les rendez-vous à Intermarché, la K-pop, les jeunes du collège qui “croivent” être populaires, de l’amour papillonnant, de la ducasse sur le parking, du polygone-citadelle. Nathalie, dans sa boucherie à l’ancienne avec le carrelage rouge et blanc : ” ce que je kiffe le mieux c’est la vente, un client qui veut un morceau et je l’ai pas, je vais lui vendre

autre chose” - “vous m’avez fait raconté ma vie, vous m’avez piégé, j’aime pas ça” (en rigolant). À l'Ehpad, on tente avec Christelle de définir correctement son métier : “coiffeuse thérapeutique ou artiste de chevelure ?” Christiane enchaîne sur la grosse bêtise : le jour de la chaux et du purin, les coups de ceinture, les coups de règle à l’école. Chez “Chris coiffure” on s’appelle Daniel et chez “Nicole boulangerie” on s’appelle Angélique. Avec Kelly et Didier, on s’interroge sur la police, les clichés, les soi-disant primes de noël, les carnets à souches, la régie d'État. Rue de Verdun, dans l’ancien dépôt de munitions, on croise Mathis, il se souvient des herbes de la pampa de sa mère qui servaient d’épées dans le jardin, il est passé par un bac STI2D, un CEJ, un MGE, un DEAS pour devenir AVS. Sylvie et Régis, 39 ans de mariage :”on s’est rencontré à dix ans sur les bancs de la musique” - “on fait des bidouilles musicales”. Wailly, le cigare à la bouche : “2h par jour de jardin,7/7, après le boulot !”. À la permanence, Nathan nous parle du sandwich partagé tous les midis, de la trottinette sans freestyle, de la cabane en construction chez Corentin, d’avoir 16 ans aujourd’hui. Hier, on ne savait rien de vous, vous ne saviez rien de nous. On poursuit les heures de l’un à l’autre. A demain !

JOUR 1 // PARMI VOUS // CENTRE // Achicourt

Carnet de quartier : Lundi 9 mai

 

“Réparer les vivants, bénir les morts, s’occuper du jardin”

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Du burger texan en suggestion de la semaine au Deauville, des sarcophages et des mystères à résoudre pour  la Voix du Nord, de la danse de société rue Michel Sélame, des cours de QI Gong, du massage bien-être Tui Na, un appareil automatique à baguettes, les persiennes à demi-ouvertes de la boucherie, le soleil en vitrine, la chaleur partout, les cyclistes, les joggers, du monde dehors, l’étal aux pommes devant chez Vival, les réprimandes et les élèves en rang à l’école Senghor, le gang des nounous, Vanessa qui veut jouer dans le spectacle, le taureau qui fait bronzette à la Bassure, le pique-nique, les ouvriers, les jardiniers et leurs cabanes, la voiture Hansel et Gretel de Lili bonbons ; Cité Sémard, les plains-pieds, les rails, d’un côté l’Arras-Paris et l’autre vers Saint-Pol, Jean-Marc et son album photos où il pose avec ses légumes - l’année bénie aux 80 melons - “même la main cassée, je jardine”, les dix chats de Michèle et l’envie d’un chenil aux panneaux solaires, la vieille 205 d’Anne - “tout ce qui a un moteur faut que je monte dessus”, Francine et ses souvenirs de bar-cinéma familial et lancer de javelots, les housses de chaises qui influencent toute la décoration de la maison, Germaine - le coup à boire sur le trottoir - “je n’avais pas le coeur d’aller à la zumba après l’enterrement”, Richard et “les vieux” de Brel - “Est-ce d’avoir trop ri que leurs voix se lézardent lorsqu’ils parlent d’hier?”, Sylvie - les puzzles encadrés, les dvds, les vhs, Dirty Dancing et surtout Patrick Swayze, Chantal “un vrai oiseau migrateur celle-là”, Jeanine - les parties de scrabble sans son mari parce qu’il était nul en français, Madame François - fan de Claude François et Frédéric François, Nicole “qu’est ce qu’on pourrait demander de plus à notre âge?”, Guillaume “un spectacle de théâtre c’est mieux que le téléphone pour ma fille”, Tony “le bonheur on le trouve pas, on se le crée”, le silence, la petite-chapelle/garage rue des Fosses, les chemins labyrinthiques et la forêt cachée, l’annonce pour le chat disparu près du cimetière depuis le 14 décembre 2020 ; l’Ehpad, Marie-Louise, les premières voitures qui débarquent en ville, la guerre, la

femme cachée dans la cave, les bombardements - Julien, les ailes du moulin, le four à pain, la laine de verre dans le grenier - Roberte et son chien Vanille - Carmen  “avant on venait au monde chez soi pas à l’hôpital”, Pompon le lapin mascotte “ici on a un lapin qui n’a plus de dents et un chat qui n’a plus de queue” ; le QG, la maison des sociétés, Jean-Luc, les cowboys, les souvenirs d’enfance, assiéger les ballots de paille - ”mon bonheur dans le départ c’est de revenir”, Cendrine, les éco-randos, la famille d’accueil, l’environnement, Sylviane et le passé maraîcher, Marie-Jeanne qui nous dit de “saisir les petits bonheurs”, Richard “Je préfère te voir heureux à mille kilomètres que malheureux à ma porte”. On est heureux.ses à vos portes, on continue. A demain !